LES SLAVES SAUVÉS

Poème épique de Claude Fernandez évoquant l'attaque d'Hitler contre la Russie. L'enlisement dans la boue, la neige, le froid. Échec de la Blitkrieg, la bataille de Kourk, victoire de l'Armée Rouge, la jonction américano-soviétique à Torgau.


Nous, Aryens supérieurs, la race des surhommes
Nous devons terrasser, réduire, exterminer
Les Slaves inférieurs, la race des sous-hommes.

Praxis et théorie, bientôt vont se rejoindre
Pour engendrer mort, deuil, horreur, malheur, terreur.

Lebenstraum, Generalplan Ost, crime absolu
Contre le genre humain, l’Esprit et la Morale
Crime contre l’Europe, et crime fratricide
Négation de l’honneur, et de la dignité
Démence, ubris, paranoïa, folie, délire.
La spécieuse argutie, génère aveuglement
L’impardonnable erreur, pour un État-major
La mésestimation, de la force ennemie.

Blitzkrieg, pour nous bientôt, la facile victoire
La branche corrompue, bientôt s’effondrera.
Blitzkrieg, succès, réussite, avancée, conquête.

Opération Typhon, destruction de Moscou.

Les panzerdivisions, pénètrent la Russie.
L’ours énorme n’était, qu’un tigre de papier.
Tel Siegfried aspergé, par le sang de Fafnir
Le Reich est invincible, et ne saurait plier.
Nos blindés sont Nuthung, et nos fusils Balmung.
Liquidons, massacrons, sans vergogne et sans frein
Puisque nul châtiment, et nulles représailles
Jamais de notre vie, ne sauraient nous atteindre.
Liquidons, massacrons, sans vergogne et sans frein.

Voici venir l’automne, et l’incessante pluie.
Du matin jusqu’au soir, la persistante pluie
Qui délave les champs, détrempe les chemins
Se ligue avec le sol, pour générer la boue.
La boue, cette matière, inconsistante, amorphe
La boue, sangsue gluante, insidieuse et visqueuse
La boue qui ralentit, qui freine, immobilise
Mieux que boulets massifs, les convois militaires.
N’est-ce prémonition, n’est-ce avertissement?
La boue, raspoutitsa, triviale, abjecte et sale.
N’est-elle sécrétion, de nos pensées mauvaises
La réification, de nos malsains penchants
Symbolique élément, de notre déchéance?
La boue qui paralyse, imprègne les consciences
La boue qui neutralise, et noie les volontés.
Sa dimension morale, atteint les combattants.
Puis l’ennemi devient, tel un matois Protée
Léger, inconsistant, subtil, évanescent
La neige qui s’amasse, en épaisses congères.
N’est-elle pas linceul, pour nos âmes déchues
Suaire ensevelissant, nos cadavres inertes?
Puis voici pire encor, l’invisible ennemi
Le froid qui pétrifie, qui transit, engourdit.
Moins dix, moins vingt degrés, moins cinquante degrés.

Mais que sont devenus, fusiliers, grenadiers
Qui harcelaient nos rangs, pendant la progression?
N’ont-ils pas disparu, miraculeusement?
N’auraient-ils revêtu, le manteau d’Alberich?
C’est alors que soudain, vers l’horizon blafard
Sous l’œil épouvanté, des soldats grelottant
Les rouges pavillons, se déploient dans la bise
Canons et bataillons, résolument s’avancent.

Blitzkrieg: échec, enlisement, enrayement.

Un mot parcourt la troupe, inquiétant, persistant
Qui sonne comme un glas, comme un tocsin résonne
Bérésina, Bérésina, cauchemar, spectre
Souvenir effroyable, inscrit dans les mémoires
Qui s’enfle et se répand, au sein des régiments
Bérésina, Bérésina, terreur, obsession.
Comment n’avons-nous pu, conjurer le passé?
Pourtant nous savions tous, que deux terres au monde
Ne se peuvent dompter, l’Espagne et la Russie
Les confins de l’Europe, extrémités étranges
Pour l’esprit cartésien, terres incognoscibles.
Pourquoi n’avoir suivi, la prudente leçon
Que nous dictait l’Histoire, au siècle précédent?

La précipitation, du Führer impatient
Dans le piétinement, s’englue, s’anéantit.
Le ralentissement, la temporisation
Qu’à son armée véloce, impose la Stavka
Décuplent sa colère, intensifient sa rage.
N’a-t-il pas oubllié, la feuille de tilleul
Que la brise colla, sur la peau de Siegfried?

Bientôt l’impéritie, le défaut logistique
Bloquent les unités, démunies de réserves
L’attrition redoutée, cloue sur place appareils
Tels chevaux affamés, tombant d’inanité.

*

L’Armée Rouge à l’affût, l’Armée Rouge aux aguets.
Priorité, sauver, l’industrie d’armement
Démonter, remonter, ateliers et usines
Gigantesque labeur, impensable, impossible
Pourtant réalisé, pourtant parachevé.
Quelle volonté meut, ce pays dévasté
Quelle vitalité, quelle opiniâtreté
Lui permet d’accomplir, cet effort colossal?
Tous reprennent courage, affirmant leur bravoure
Des frères et des sœurs, autour de nous se dressent
Des compagnons humains, de souffrance et malheur.
Nous sommes dix, vingt, cent, nous sommes un million
Tous venus pour sauver, notre mère en danger.
Pouvez-vous concevoir, en vos froids cabinets
Vous, occidentaux, sûrs, de votre hégémonie
Cette pugnacité, cette sourde énergie.
Contenir l’ennemi, l’éviter, le traquer
Lui procurer toujours, illusion de victoire
Le harceler toujours, sans jamais l’attaquer
Puis saisir le moment, propice à l’offensive.
La maîtrise du temps, la détermination
L’obstination, la ténacité, la patience
Face au volontarisme, à l’impréparation.
Lenteur plutôt qu’ardeur, inutile et stérile.

Stalingrad, objectif, des troupes ennemies.
Stalingrad attaquée, Stalingrad assaillie
Stalingrad bombardée, Stalingrad canonnée
Stalingrad investie, verouillée, tenailllée
Stalingrad nettoyée, de quartier en quartier.
Stalingrad envahie, Stalingrad incendiée
Stalingrad occupée, ruinée, démantelée
Paulus vainqueur, Paulus, promu feldmaréchal
Mais Stalingrad reprise, et Paulus prisonnier.

Saillant de Koursk, avancée, front de l’Armée Rouge.
Canons d’infanterie, pièces d’artillerie
Mortiers, mines anti-chars, anti-personnelles
Succession de tranchées, et boyaux de liaison
Couloirs sécurisés, de ravitaillement
Fossés, rouleaux de barbelés, renforts massés
Positions camouflées, de tir alternatif.

Koursk, nœud du conflit, Koursk, pivot, cœur de la guerre.

Koursk, plus grande bataille, au firmament des jours
Depuis l’Antiquité, jusqu’aux siècles nouveaux
Plus grande agrégation, d’engins motorisés.
Convergence de tanks, rassemblement de tanks.
Centaines de tanks, milliers de tanks, la campagne
Recouverte de tanks, landes et champs, bosquets
Les tanks, partout, les tanks, masquant l’horizon noir.
Comme un fabuleux rêve, une vision grandiose
Les unités blindées s’étirent et se pressent.
Les tanks, lents et puissants, les tanks, forts et pesants
Monstres en acier brut, compacts, indestructibles.
Char T trente-cinq, char, KV quatre-vingt-cinq
Char T trente sept, char KV un, T cinquante
Char T soixante-dix, KV un, T quarante
Char BT sept, char BT deux, char IS deux
Char T quatre-vingt, char BT cinq, char T trente
Char T trente-quatre, char T vingt-huit, char T soixante
Char KV deux, char IS un, char IS trois.
Mouvants, rampants châteaux, glissantes forteresses
Modernes chevaliers, nouveaux cathaphractaires,
Fusionnant, confondant, la monture et l’humain
De même qu’Astérion, fils de Pasiphaé
Ne sont-ils rejetons, d’une bestiale union
Les amours d'un reptile, avec une éléphante
Dont la trompe est un fut, dont l'écaille est blindage.
Sous-marins aériens, terrestres submersibles
Scarabées géants, caparaçonnés, bardés
Métalliques tortues, cloportes colossaux.
Char T quatre-vingt, char BT cinq, char T trente
Char T trente sept, char KV un, T cinquante
Char BT sept, char BT deux, char IS deux
Char T trente-quatre, char T vingt-huit, char T soixante
Char T soixante-dix, KV un, T quarante
Char T trente-cinq, char, KV quatre-vingt-cinq
Char KV deux, char IS un, char IS trois.
Leur canon destructeur, crache obus, fumigènes.
De leur fût culotté, fusent des jets flambant.
Du sol ainsi qu’Antée, les chenilles mobiles
Puisent leur énergie, leur force inépuisable.
Tout devant eux fléchit, s’aplanit et s’éventre
Bâtiment, fortification, talus, rocher.
Le terrain pilonné, tremble dans leur sillage.
De même l’Ébranleur, secoue monts et rivages.
Les salves ennemies, ricochent sur leur jupe
La mitraille s'écrase, en leur paroi solide.
C’est ainsi que Pallas, arborant son égide
Repousse devant elle, Encelade furieux.
Chacun d’entre eux contient, son équipage armé.
Ne sont-ils pas semblable, au traître don qu’Ulysse
Jadis élabora, pour s’emparer de Troie?
Leur meute aveugle avance, au milieu des combats
Dans l’aigu crissement, le strident grincement
Des pignons, engrenages et ponts, des rouages
Trains de roulement, chassis, ressorts, longerons
Balanciers, barbotins, suspensions, boggies, chaînes.
Le rauque grondement, qui sourd de leurs entrailles
Semble entonner un hymne, épique et belliqueux
“Nous sommes volonté, puissance invulnérable
Nous sommes résistance, impérieuse, inflexible.
Rien ne peut nous détruire, et ne peut nous réduire.”

Les fantassins livrés, seuls dans la confusion
Dans la mêlée farouche, et l’enfer du carnage
Quand patrouille près d’eux, cette présence amie
Ce compagnon de fer, chaleureux, vigoureux
Sentent dans leur poitrine, un courage nouveau.
C’est leur salvatrice arche, au milieu des récifs
Dans la mer démontée, de la mouvante guerre.
Les voilà rassurés, par ce veilleur zélé
Prêt à les protéger, prêt à les secourir.
De même l’on peut voir, dans la brousse africaine
Des lionceaux démunis, sans crainte s’ébrouer
Sous les yeux vigilants, de leur terrible mère.

Le char d’assaut blindé, technique perfection.
Quelle métamorphose, et quelle évolution
Depuis l’antique char, le quadrige ouvragé
Qui menait au combat, les héros de l’Attique.
Les chevaux sont mués, en culasse et pistons.
Le bois est devenu, métallique matière
L’aurige est conducteur, dont rênes sont manettes.

Mais voici que soudain, s’élève et s’amplifie
Le vrombissement sourd, d’une escadrille en vol.
Stukas et Messerschmidtts, aux morbides stigmates
Se déploient dans l’espace, obscurcissant l’azur.
Sont-ils gerfauts, condors, ou voraces vampires?
Brusquement déjetés, il plongent vers la terre
Comme aspirés, tirés, vers les proies convoitées
Chute vertigineuse, en un puits invisible
Mais l’artillerie lourde, a prévenue leurs salves.
Les voici foudroyés, en plein élan frappés
Comme l’oiseau percé, par le trait de l’Archer.
Le moteur enflammé, s’enraye en s’étouffant.
La noirâtre fumée, jaillit de leurs entrailles.
Le pilote éperdu, paniqué, terrifié
Sent passer en son dos, un tremblement d’effroi.
C’est en vain qu’il essaie, d’appuyer sur le manche.
Le voici prisonnier, du cockpit, son tombeau
Transparente prison, dans le ciel égarée.
L’aiguille des capteurs, désorientée, s’affole.
D’un geste salvateur, il s’éjecte du siège
S’écartèle dans l’air, tandis que se déploie
Son parachute blanc, cible des fusiliers.
L’horrible mort l’attend, fracassé par les balles.
Son œil voilé d’un crêpe, à jamais se referme.
Plus il ne reverra, son village natal
Dans la Saxe riante, aux fertiles coteaux.
Jamais ses vieux parents, ne presseront son corps.

La colonne trapue, l’escadrille élancée
Le tank et l’avion, l’un terrien, l’autre aérien
L’un pesant et massif, l’autre léger, fluet
L’un, enfant de Gaïa, l’autre issu d’Ouranos.
Les inverses livrés, au combat meurtrier.

Résistant aux obus, des maléfiques stryges
Les colonnes blindées, poursuivent leur chemin.

Saillant de Koursk, avancée, brêche victorieuse.
L’ennemi repoussé, l’ennemi refoulé.

*

Survie. Tension, concentration, résolution.
Dans ce conflit total, qui seront les surhommes?
La Russie, terrible, inflexible, irréductible.
Bataille industrielle, et duel économique
Bataille d’ingénieurs, techniciens, concepteurs
Bataille d’espions, décrypteurs, indicateurs
Conflit psychologique, et lutte d’influence
Conflit de logistique, et ravitaillement
De coordination, de communications.

Lutte à mort, lutte sans merci, lutte suprême.

L’armée de choc défaite, anéantie, rasée
L’armée de choc bientôt, relevée, recréée...
Puis de nouveau brisée, broyée, rompue, rayée
De nouveau constituée, rétablie, restaurée.
Tel immortel phénix, la troupe ressuscite.
Les têtes sectionnées, comme invulnérable hydre
Qu’en vain l’ennemi coupe, ainsi qu’un vain Hercule
Se multiplient toujours, sans fin se régénèrent.
Kiev réduite, investie, Kiev libérée, sauvée
Korestan, Odessa, prises puis restaurées
Brinask abandonnée, puis Brinask libérée
Sébastopol soumise, et bientôt dégagée
Smolensk, Kharkov, Rostov, tombées puis relevées.
Recul, avancée, recul, avancée, recul
Stratégique repli, puis tactique offensive.
Lente pénétration, dans le front ennemi
Lente dislocation, des contingents adverses.

Puis la marche forcée, de plus en plus rapide
La progression facile, en terrain découvert.
Mirage à l’horizon, Berlin, deux mille verstes
Berlin, trois cents, Berlin, deux cent, Berlin, dix verstes
Berlin, Berlin, Berlin, Porte de Brandebourg
Le final objectif, cœur de la tragédie
Reichtag, nid de l’orfraie, caverne de la pieuvre.

Le Reich à l’agonie, le Reich désemparé
Propagande, affolement, panique, épouvante
Les Mongols parmi nous, les Mongols à l’assaut.

Torgau, jonction des fronts, les Alliés s’interpellent
Silvashko, Robertson, cliché du souvenir
Poignée de main polie, mémorable, historique.
Photos réunissant, Américains et Russes.
Jonction, fin de la guerre, ou bien commencement.
Concorde universelle, ou nouvelle rupture.
Silvashko, Robertson, amis ou bien rivaux
Salutation confiante, ou méfiante accolade.
Lors que l’impavide Elbe, épanche son flot calme
Vers l’horizon, là-bas, s’enflent de lourds nuages.

*

Brandie par un soldat, au sommet du Reichtag
Voila que dans le ciel, au vent du futur flottent
Le marteau, la faucille, emblèmes des Soviets
Lors que la croix gammée, gisante sur le sol
Rejoint sous les gravats, le gouffre du passé.
Dans les rues de Berlin, défilés, processions
Dans les rues de Berlin, vivats, liesse, allégresse.
Les chants traditionnels, s’élèvent des poitrines.
Les chœurs de l’Armée Rouge, émouvants et profonds
Chaleur, chaleur humaine, empathie, sympathie.
Les chants, ces messagers, de l’âme nostalgique.
La musique et la guerre, inattendu mariage
Paradoxal, troublant, surprenant, saisissant.
Brutalité, douceur, violence, apaisement.
Des flûtes et hautbois, parmi les mitrailleuses
Des cors et des tubas, voisinant les mortiers.
Comment imaginer, et comment concevoir
Que soient là réunies, entités si contraires?
De même le poète, en son épique mètre
Glorifie la valeur, exalte la grandeur
Transforme cruauté, pour atteindre beauté.
Qu’ils sont rayonnants, resplendissants, magnifiques
Les tanks de la survie, les tanks de la victoire.
Qu’ils sont imposants, puissants, nobles et glorieux
Qu’ils sont grands, triomphant, dans la cité soumise.
Qu’ils sont grands, défilant, dans la ville conquise
Phoebus de ses rayons, caresse leur blindage.
Zéphyr d’un souffle tiède, enveloppe leurs corps.
Les Walkiries en pleurs, accompagnent leur marche.
Qu’ils sont imposants, puissants, nobles et glorieux
Quand les soldats joyeux, juchés, sur la tourelle
Saluent avec des cris, la foule enthousiasmée.
Tels sont, domestiqués, les éléphants dociles
Que mène le cornac, dans l’Inde fabuleuse.
Le tank, c’est leur compagnon, leur ami, sauveur.
Crânement en ce jour, exultent les soldats
Mais hier si n’était, leur serviteur de fer
Sous la mitraille ardente, et la bombe assassine
Les salves continues, des Stukas, Messerschmidt
Que seraient-ils? cadavre, ossements dispersés.

L’Armée, Fraternité, l’Armée, somme, addition
Des volontés, capacités, habiletés
L’Armée, conjuration, des peurs et des frayeurs
L’Armée, dissolution, l’Armée, transformation
Du stérile égoïsme, en bénéfique altruisme.
L’Armée, Communauté, dans l’épreuve et l’effort
Dans la déréliction, la souffrance et le deuil.
L’Armée, chaleur humaine, et généreuse entente.
L'armée, c'est le rempart, de la nation, du peuple.
Si n’était sa puissance, hameaux et capitales
Ne seraient devenus, que débris et décombres.
Le pays ne serait, que morne solitude.
Si n' était son effort, vigilant et vaillant
Les morts s'entasseraient, sur le sol des aïeux.
Les ruines s’étendraient, sur le sol des aïeux.

L"Armée Rouge n'est pas, l'armée d'une faction
D"une idéologie, d'un régime ou système
L’Armée Rouge n’est pas, l’Armée d’un souverain
D’un monarque ou meneur, d’un prince ou dictateur
L'armée Rouge est l'armée, de la Sainte Russie
L’Armée Rouge est l’armée, des Slaves réunis.

Mais la page est tournée, la vie reprend son cours.
L’Histoire en balbutiant, telle Vanth, la chtonienne
Sur le grimoire inscrit, l’humaine destinée.

Trente millions de morts, amis comme ennemis.
Las, hommage aux martyrs, de l'immense holocauste.

La Saga de l'Univers - Claude Fernandez - © livagora - 2012