LE SACRIFICE

Poème épique de Claude Fernandez évoquant les tribulations d'une tribu d'hominiens: fuite sur la toundra jusqu'aux glaciers, peintures rupestres, sacrifice humain.


Sur la steppe battue, par la bise glaciale
Brille un pâle foyer, perçant l'épaisse brume.
Puis on distingue autour, des squelettes difformes
Vertèbres et fémurs, tibias et mandibules
Crânes d'aurochs brisés... près des crânes humains
Carcasses congelées, d'où pendent les entrailles
De-ci de-là parmi, les tentes de peaux sèches
Fantastique vision, de vaste nécropole
Qui se perpétuait, s'agrandissait toujours
Témoin d'un holocauste, inconcevable, immense
Charnier affreux, hideux, où tels des vautours vaguent
Des êtres violents, grossiers, hagards, inquiétants
Les primordiaux sapiens, au monde s'imposaient.

L'animal primitif, des temps solutréens
Transparaissait chez l'Homme, à ses traits unissant
La silhouette simiesque, héritée du Passé.

Quelques chasseurs courbés, s'occupent de leurs armes
Nodules de silex, à leurs pieds scintillant
Denticulés, foliacés, lamelles et pointes
Dont les côtés aigus, jetaient des éclairs vifs
Tels d'énormes diamants, épars dans l'herbe rase.
De leurs hachereaux plats, ils débitaient des blocs
Puis attachaient les dards, aux hampes des sagaies
Par des chaumes tressés, qu'apportaient les enfants.
Les femmes près des feux, demeuraient accroupies
Rapiéçant les peaux, les apprêtant, les cousant
D'une esquille en ivoire, et d'un perçoir en os.
Par les allaitements, sans répit déformés
Leurs seins flasques et lourds, pendaient comme des outres
Jusqu'aux bourrelets gras, de leur ventre adipeux
Qui supportait le poids, d'incessantes grossesses.
Défenses de mammouths, et de rhinocéros
Gisaient enchevêtrées, comme de gros vers blancs.
Pêle-mêle en avant, les andouillers des rennes
Paraissaient des halliers, aux ramages tortus.
Par-dessus dispersées, de larges omoplates
Quelquefois les couvraient, de monstrueuses feuilles.
L'on n'entendait nul bruit, pas même une clameur.
Les enfants sans comprendre, avaient cessé leurs jeux.
Tous demeuraient soucieux, car les chasseurs tardaient.

On les guettait déjà, depuis deux jours en vain.
L'on scrutait le foyer, pour tenter de savoir
Par les signes secrets, des langues rougeoyantes
L'énigmatique sort, qu'ils subissaient au loin.
Certains les voyaient morts, dans une fondrière
Sinon capturés vifs, par des anthropophages.
D'autres les croyaient pris, dans les rets de la brume.
Le soir on avait ouï, des râles étouffés.
Les mains s'étaient crispées, sur les faces livides.
Puis le silence morne, et toujours la bourrasque
Parcourant sans répit, l'étendue monotone.
De longs rugissements, avaient soudain vibré.
Les visages hagards, avaient encor blêmi.
L'aube enfin les surprit, inquiets, transis, perplexes.

Un guetteur brusquement, lança vers eux un cri.
Soudain comme frappées, les femmes se levèrent.
La face convulsée, toutes en chœur gémirent.
Grimaçant, trépignant, elles battaient leurs cuisses
Brisaient à coups de poings, leurs broches d'osselets.
Décharnés, effarés, les hommes s'avançaient.
Mais à peine le tiers, avait pu revenir.
Quelques-uns cramponnaient, leurs silex inutiles.
D'autres encor traînaient, leurs javelots brisés.
Dans leurs yeux n'était plus, ni tristesse ni joie.
Sans prononcer un mot, d'un bloc ils s'effondrèrent.

L'épreuve de la nuit, qu'ils avaient endurée
Hantaient leur somme anxieux, les réveillaient soudain
Le combat, la forêt, puis le tigre des neiges.
Lors qu'ils traquaient l'auroch, au bord de leur domaine
Des guerriers tatoués, les avaient poursuivis
Chasseurs cruels, rusés, brutaux, impitoyables.
Mangeurs de chair humaine, ils buvaient le sang cru
Soulevant pour trinquer, les crânes renversés.
Dans une grotte obscure, ils parquaient leurs femelles
Qui jamais ne voyaient, le vif éclat du jour.
Leurs seins tendus gavaient, les bourgeons que leur ventre
De période en période, enfantait dans les cris
Germes perpétuant, leur esclavage atroce.
Les hommes attachaient, leurs mâles rejetons.
Seuls pouvaient s'échapper, les meurtriers du père
Qui sangleraient bientôt, leur futur assassin.

L'incertaine mêlée, durait depuis l'aurore.
Les javelots fusaient, les dards aigus sifflaient
Transperçant les poitrails, les gorges et les fronts.
Mais les chasseurs pliaient, sous la ruée farouche.
Dès lors ils avaient fui, dans la taïga sombre
Laissant leur chef blessé, d'un silex dans les côtes
Puis avaient divagué, dans ce dédale étrange.
La panique terreur, les avaient tenaillés
Nœud puissant et solide, étreignant les gosiers
Comme un traître serpent, qui serrait leur cou frêle.
De ses longs crocs aigus, l'Épouvante féroce
Dans leur ventre enfermée, les mordait aux entrailles.
Pétrifiés, ils pensaient, aux foyers près des tentes
Mais en eux revenait, la vision de leurs frères
Blessés, déchiquetés, dans l'atroce bataille.
Leurs têtes maintenant, devaient gésir, brisées
Tandis que résonnaient, moqueries, quolibets.
Frissonnant, ils sentaient, qu'ils étaient vulnérables
Désarmés, démunis, parmi les éléments.
Quelques-uns parlaient haut, ou s'efforçaient de rire
Mais leurs bruyantes voix, prenaient subitement
D'aiguës intonations, comme un babil d'enfant.
Ceux qui ne craignaient pas, le mammouth et l'auroch
Tremblaient d'être au milieu, des ténèbres sans fond
Car même les puissants, de leur peur n'avaient honte
Face aux faibles surpris, de les voir aussi lâches.
Brusquement l'on perçut, un bruit sourd, inquiétant.
Dans le profond sous-bois, à pas souples et lents
Parut une ombre noire, éclairée par deux feux
Qui lentement semblaient, se diriger vers eux.
Dans leur fébrile chair, s'étendit un frisson.
Tout fut rapide, un rugissement... puis un cri.
Sous les regards figés, le fauve épouvantable
S'enfuyait à grands bonds, dans sa gueule emportant
Sa pitoyable proie, loque inerte déjà.
Sans répit ils marchaient, sans repère, au hasard.
Les sapins se dressaient, rigides et trapus
Hérissés de rameaux, qui dardaient leurs épines
Comme les combattants, d'innombrables tribus.
Mais dès l'aube croyant, à jamais égarés
Devant eux vaguement, un rai pâle apparut.
Non loin de là bientôt, leurs oreilles perçurent
Des appels familiers, paroles de bambins.
Certains qui de leur vie, n'avaient jamais pleuré
Malgré l'ignominie, sentaient des larmes naître.

*

Au matin qui suivit, se réunit la horde.
Les faces trahissaient, un profond désarroi.
L'on devait sans tarder, nommer un nouveau chef.
La dure adversité, dissipa les discordes.
L'on choisit un chasseur, autoritaire et fort
Qui fit serment au nom, des infernaux démiurges.
Son orgueil décupla, dès qu'il fut reconnu.
Tous devaient maintenant, se plier à sa loi.
Seul pouvait l'inquiéter, un guerrier courageux
Qui lui sauva la vie, jadis lors d'un combat.
Le tuer à présent, lui deviendrait facile.
Puis à lui s'offriraient, les femelles du clan
Dont il imaginait, sous leur tunique d'ours
Les cuisses rebondies, et les seins plantureux.
Le soir depuis longtemps, il venait les épier
Lorsqu'elles s'allongeaient, sous la clarté des torches.
Mais d'abord s'imposait, une résolution.
L'on devait sans tarder, enterrer le chef mort
Tenter de propitier, les démons favorables
Par une incantation, dans la grotte sacrée.
L'on chercherait ensuite, un nouveau territoire
Dans les rudes contrées, voisinant les montagnes.
Là-bas vivaient encor, des hominiens velus
Que l'on refoulerait, vers les hautes vallées.

En perforant la glaise, avec fémurs et côtes
Dans le sol délavé, l'on creusa donc un trou.
Par des tiges serrées, on lia le cadavre
Qu'alors on déposa, dans la fosse, accroupi.
Le sorcier le couvrit, d'un tuf rouge magique
Pour que sa tendre chair, n'attirât pas les bêtes.
Dessus l'on déposa, de lourds galets gréseux
Pour que l'esprit défunt, ne hantât les vivants.
L'on reprit les silex, puis on plia les tentes.
L'on réunit enfin, la cendre avec les braises
Dans une peau nouée, sur un bâton de pin.

*

La horde cheminait, sur la toundra givrée.
Le vent soufflait toujours, incessant, insidieux
Griffant, mordant la face, engourdissant les membres.
Les tourbillons levaient, les cheveux longs des femmes
Les flocons pailletaient, la moustache des hommes.

Sur les touffes gelées, de l'herbe et de la sphaigne
Les flaches d'eau boueuse, à peine reluisaient.
Mousse et lichen mêlaient, à ces nuances grises
Leurs pâles coloris, verdâtres et brunâtres.
Les nues tachaient le ciel, de livides marbrures
Qui paraissaient un flot, du céleste océan.
Triste épave engloutie, l'astre du jour blafard
Se diluait vaguement, en un halo diffus.
Parfois se profilait, tel un affreux martyr
La forme d'un bouleau, vers les rayons avares
Tordant sa frêle palme, aux branches dénudées.
Sur l'horizon là-bas, émergeait de la brume
La cordillère énorme, aux cimes dentelées
Fantastique mirage, en ce désert glacé.
Nulle vie ne semblait, habiter l'étendue.
Lorsque vers lui venait, la meute des chasseurs
Quelquefois un élan, s'enfuyait dans un val
Comme s'il ressentait, dans sa chair douloureuse
Pénétrer les sagaies, aux pointes silexines.
Quand la troupe franchit, un banc de lœss rocheux
Résonna brusquement, un geignement strident
Suivi d'une clameur, joyeuse et frénétique.
Les hommes se tournant, vaguement distinguèrent
Leurs ennemis d'hier, qui traquaient un mammouth.
Le chef au vent cria, de violentes injures.
Puis la troupe grimpa, les premiers contreforts.
Le brouillard lentement, s'élevait en panaches.
Par les nues dissipées, le soleil apparut.
Dans le chaos des pics, soudainement surgirent
Des glacis lumineux, plaques éblouissantes
Clairs miroirs sillonnés, par les sombres moraines.
Vers les cirques profonds, s'entassaient les névés
Courtines que défend, la douve des rimayes
Falaises diamantées, corniches opalines
Parois lamées, serties, de calcite et de gypse
Brillant au poudroiement, des lourdes avalanches
Magique féerie, de l'eau vive et du froid.
La cordillère ainsi, mamelle gigantesque
Répandait ses glaciers, flots de lait minéral.
Devant eux, le rocher, s'effondrait en poussière.
Leurs puissants, géants fronts, perçaient combes et brèches.
La montagne pliait, sous leurs manteaux pesants.
Les vallées s'affaissaient, les crêtes vacillaient.
Leur immobilité, paraissait effrayante.
Leur inertie pouvait, tout détruire et tout vaincre
Tout briser, tout fracasser, tout pulvériser.
Depuis un millénaire, ils s'étendaient au Sud.
Le Temps à leur contact, lui-même s'arrêtait
Comme si les années, leur étaient des secondes.
Sans trêve, ils avançaient, en rabotant leur base
Patiemment, placidement, insensiblement
Vers les forêts touffues, les rives tropicales
Sans repos, sans répit, lieue par lieue, pied par pied
Sûrs, calmes et confiants, dans leur force indomptable
Milliards de blocs, rochers, galets, cristaux, embâcles
Tels des chars monstrueux, de terribles tonnerres.

Les hommes traversaient, la profonde vallée.
Prudemment ils marchaient, sur l'incertaine glace
Ridée par les séracs, déchirée de fissures
Peau gercée, desquamée, qui s'offrait aux rayons.
La tribu s'engagea, dans une étroite passe.
Le sorcier la menait, car il connaissait bien
La mystérieuse entrée, de la grotte secrète.
Dans un repli du roc, la troupe disparut.

*

Au seuil de la caverne, on retrouva les torches
L'an dernier allumées, pour initier les filles.
Chaque homme en lui revit, les érotiques scènes
Qu'il avait au printemps, si fortement vécues
La ronde ensorcelante, où des bras, où des jambes
Tourbillonnaient, fiévreux, dans l'ombre et les éclairs
Suivant un rythme fou, diabolique et lascif.
Les croupes cambrées, les seins turgescents, les sexes
Brusquement surgissaient, d'un coup s'évanouissaient.
Les cupides regards, buvaient avidement
Ces frémissantes chairs, de femelles offertes.
Dans leur vive mémoire, les chasseurs percevaient
Les halètements sourds, de souffrance et jouissance
Résonnant sur la voûte, en un vacarme inouï.
Leurs mains encor sentaient, le frôlement des corps.
Cet ardent souvenir, illumina les mâles
Cependant que le front, des filles s'empourprait.
Mais pensant au malheur, chacun redevint sombre.

Puis on ouvrit les peaux, l'on attisa les braises.
L'on recouvrit la torche, avec la graisse d'ours.
Le sorcier le premier, s'enfonça dans la grotte.
L'initié pouvait seul, en permettre l'accès.
Le chef en tâtonnant, suivit dans la pénombre.
La peur le saisissait, pour son premier voyage
Car ses pas le menaient, parmi les déités.

Les images sacrées, devant eux apparurent.
De partout saillissaient, aurochs, mammouths, hémiones.
De gravides juments, portaient les proies futures
Percées par les sagaies, en noir de manganèse.
Leurs corps d'ocre luisant, de sienne rutilant
Paraissaient palpiter, à la diffuse flamme.
De mystérieux dessins, parfois apparaissaient
Traits hachurés, flèches et points, doigts, mains pochées
Langage lapidaire, ésotérie désuète
Qui pour eux n'avait plus, de fonction ni de sens
Pourtant qu'ils répétaient, sans répit d'âge en âge.
Des peuples inconnus, pour toujours disparus
Dans ce temple rocheux, avaient inscrit leur dogme.
Le chef n'osait bouger, retenant son haleine.
Tremblant, il étouffait, sous les occultes forces.
Les démons étaient là, tapis dans les ténèbres
Ceux qui peuvent tout, la mort, la vie, l'abondance.
L'on devinait leurs pas, l'on ressentait leur souffle.
Recueillis, silencieux, les chasseurs percevaient
Les grondements lointains, de volcans inconnus.
Lors ils imaginaient, dans leur mystique esprit
Le véloce galop, de troupeaux innombrables
Qui remontaient beuglant, des terrestres entrailles.
Prosterné, déférent, devant les simulacres
Posément le sorcier, exécuta les signes.
Puis leur groupe revint, auprès de la tribu.

Tous les considéraient, s'écartant devant eux
Comme s'ils n'étaient plus, des hommes en chair vive.
Le doute obstinément, torturait le devin.
Serait-il exaucé? L'on ne pouvait savoir.
Ne faudrait-il un don, pour calmer les démiurges?
Mieux valait exhorter, la horde aux litanies.
Lentement s'amplifiait, un murmure insistant.
De moment en moment, s'élevaient les prières
De plus en plus aiguës, de plus en plus intenses.
Puis les doigts contractés, sur les bras s'enroulèrent
Dans les seins, dans les reins, ardemment se crispèrent
Comme pour extirper, une infernale guivre.
Ce fut dans la caverne, un grondement inouï.
Les hommes de leurs poings, se fracassaient la face.
Les femmes se griffaient, de leurs ongles pointus.
Blafards ou rubiconds, muets ou gémissants
Les nourrissons peureux, cherchaient leur folle mère.
Dès lors se préparait, l'obscur événement.
Son ébauche émergeait, s'amplifiait, grandissait
Vague balbutiement, d'une pensée naissante
Dans les diffuses voies, de leurs cerveaux grossiers.
Le devin brusquement, détendit son bras gauche
Brandissant une lame, en ivoire intaillée
Qu'il baissait, relevait, devant chaque visage
D'un léger mouvement, continuel, uniforme.
La sueur dégouttait, sur les fronts échauffés.
Les cœurs tambourinaient, les thorax oppressés.
La pointe s'arrêta, sur un débile enfant.
Par un fébrile effort, il tenta de crier
Mais la voix inaudible, en sa gorge avorta.
Poussée de tous côtés, par l'hystérique horde
Celle qui l'enfanta, le tendit, éperdue
Tandis qu'il s'agrippait, sanglotant, suppliant.
Ses genoux flageolants, ne le soutenaient plus.
Tenant par les cheveux, l'enfant terrorisé
Le sorcier le chargea, de la malédiction.
Violemment, d'un grand geste, il enfonça la dague
Jusqu'au fond palpitant, du ventre délicat
Puis aux rayons blafards, il brandit l'arme rouge.
L'on aurait dit alors, que le jaunâtre ivoire
S'était changé d'un coup, en cinabre éclatant.
La horde trépignait, jubilait d'euphorie
Dans une immense liesse, attisée par la haine.
Les membres se tordaient, les faces grimaçaient.
Les yeux désorbités, roulaient de tous côtés.
Les uns frappaient l'enfant, les autres l'insultaient
Car tous avaient compris, qu'il devenait leurs vices
Leur cupidité, leur cruauté, leurs péchés.
Sa mort éloignerait, les démons infernaux.
Certains clamaient des mots, de magiques formules
Dans une protolangue, étrange et mystérieuse
Vibrante incantation, pour les déités sombres
Qu'à peine ils concevaient, en leur fébrile esprit.
D'autres encor lançaient, de gutturaux monèmes
Dont ils ne percevaient, le sens énigmatique
Mais qui leur évoquait, de manière intuitive
Les êtres monstrueux, habitant l'Invisible.
Dans l'air dense où nageait, l'âcre effluve du sang
L'étouffante fumée, formait un voile opaque.
Les ombres dilataient, les silhouettes mouvantes.
L'on eût cru sur la voûte, éclairée par les torches
Des spectres colossaux, qui mimaient les humains.
Les puissants hurlements, amplifiés par l'écho
Tonnaient, tonitruaient, comme les cris des bêtes.
Sans même remarquer, l'inconséquente mère
Qui lui baisait les pieds, tragique et douloureuse
Pour toujours accablée, d'un remords infini
Le sorcier gravement, examina le foie.
Son regard s'éclaira. Les démons l'exauçaient.

Non loin de la caverne, au flanc de la montagne
Les néanderthaliens, entendant s'élever
Ces vociférations, terrèque grondement
D'un stupide rictus, ouvraient leur mandibule
Déconcertés, inquiets, vaguement effrayés
Par ces vagissements, de la conscience humaine.


La Saga de l'Univers - Claude Fernandez Éditions Sol'Air
© Éditions Sol'Air - 2007 - ISBN 978-2-35421-001-4
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