LES JEUX DU CIRQUE

Poème épique de Claude Fernandez évoquant les Jeux du Cirque dans la Rome antique.


Horacléïus un jour, curieux de constater
Jusqu'où va la folie, voulut se rendre au cirque.
Mais le sage ignorait, le chemin de ce lieu.
Son ami complaisant, voulut bien le conduire.

Sur l'arène brûlante, où le vice flambait
Se déchaînait, hideux, le tourbillon violent
Gigantesque brûlot, de poussière et de sang
Qu'attisait l'impur souffle, exhalé par les bouches.
Des spectateurs fusaient, les "hoc habet" vengeurs.
Sous les vastes gradins, résonnait le marteau
Qu'assénait un Pluton, sur le corps des blessés.

Alors qu'un mirmillon, venait de s'effondrer
Sous la jante d'un char, conduit par l'essédaire
Le Mentor bienveillant, surpris, vit son ami
Soudain tendre son bras, puis renverser le pouce.
«Comment? Horacléïus» dit-il au philosophe
«Toi noble et vertueux, tu souhaites ce carnage
Comme un vil plébéien, de la fange romaine?»

«Vois, mon geste s'adresse, aux dieux, pas au vainqueur
Pour condamner la foule, et non ce mirmillon»

La Saga de l'Univers - Claude Fernandez - Éditions Sol'Air - © Éditions Sol'Air - 2007