Poème épique de Claude Ferrandeix évoquant la méditation d’une vestale devant le spectacle de la Rome antique décadente.
La voilà qui paraît" dans sa tunique blanche
Sur le seuil de son temple" étourdie' pétrifiée.
Le trait vif de Phébus" éblouit sa prunelle
Car le feu de Vesta" se mire en son iris
Plus souvent que les rais" du flamboyant soleil.
Depuis le premier jour" où quittant sa famille
Devant le pronaos" elle a pendu sa coiffe
Noué dans ses cheveux" les bandelettes blanches
Magistrats' sénateurs" auprès d'elle s’effacent
Le peuple déférent" devant ses pas s’écarte.
Les pontifes unis" l’ont choisie longuement
Ne pouvant découvrir" la moindre imperfection
Dans sa beauté splendide" et sa grâce ineffable
Ni trouver un défaut" en son âme élevée.
La fille immaculée" de Rhéa' Titanide
Sur le naos trônant" en sa crypte profonde
Peut seule partager" sa douce intimité
Car un amant jamais" ne saurait la souiller.
Lorsque revient en eux" sa virginale image
Le rude légionnaire" au combat prend courage.
Le pâle sybarite" au bras de l’hétaïre
Le convive grisé" d'inébriant Falerne
Ressentent la vergogne" empourprer leur visage.
Malgré sa vie sereine" en ce pourpris sacré
Son regard douloureux" se tourne vers la Ville.
Près d’elle Rome étend" ses marbres éclatants
Mais sa triste pensée" las' ne voit que la fange.
La Saga de l’Univers - Claude Fernandez - Éditions Sol’Air - © Éditions Sol’Air - 2007