Poème épique de Claude Ferrandeix évoquant sous une forme burlesque le mariage dans la Rome antique.
Adieu' gentilles amies' compagnes chéries
Cornelia' Catulla' Modia' Mevia' Livia.
Las' je ne jouerai plus" sous le haut péristyle
Je ne connaîtrai plus" vos joies' vos confidences
Car je serai demain" la matrone soumise.
Je ne porterai plus" mes bandelettes blanches
Car je dois revêtir" la mitre et le réseau.
J’étais hier Claudia" je suis dès lors Caïa.
Je devrai sans répit" dans ma villa nouvelle
Surveiller l’intendant" sermoner un esclave.
Puis venant de subir" les prétendants grossiers
Je devrai supporter" les soupirants affables
Dont l’époux sans broncher" reçoit tous les présents.
Pour que ma pruderie" n’entraîne médisance
Je choisirai l’amant" le moins désagréable.
Pour une ultime fois" las' je vous dis adieu
Mes fidèles serveurs" mes accortes soubrettes.
Mon ancienne poupée" me contemple' attristée.
L’atrium' dirait-on" cherche à me retenir.
Mon ancêtre figé" sur le mur est ému.
Les mânes me supplient" de ne pas les quitter.
Adieu' gentilles amies' compagnes chéries
Sauféïa' Tuccia' Tullia' Chioné' Lysisca.
La Saga de l'Univers - Claude Fernandez - Éditions Sol'Air - © Éditions Sol'Air - 2007