LE MESSAGE D'AMON

Poème épique de Claude Fernandez évoquant Toutankhamon lors d'une cérémonie religieuse dans l'Égypte antique: Karnak, la Vallée des Rois, les chats sacrés de Bastet...


Sôpdit, l'astre sacré, des temps originaux
Brillait au firmament, sur le Nil éternel.

Dans la vallée déserte, uniforme étendue
Lentement avançaient, trois formes indistinctes.
La première en avant, marchait avec orgueil.
Surmontant son visage, on pouvait reconnaître
Le kheperesh superbe, orné de l'uræus.
La seconde montrait, son crâne dénudé.
La troisième élancée, profilait son contour
Qui paraissait à peine, effleurer le chemin.

C'était le dernier soir, avant le jour d'Opet.
Le pharaon devait, en secret chaque année
Pour se rendre à Karnak, traverser le grand fleuve
Seulement assisté, du Prêtre et de la Reine
Car en ce jour Amon, au sommet du sanctuaire
Dicterait aux mortels, son message divin.

Depuis Thèbes partis, à la tombée du jour
Les voici rejoignant, vers la rampe de Mout
La voie de criosphinx, les menant vers les temples.
Sans parler ils marchaient. Les béliers de calcaire
Les contemplaient, figés, de leur œil bienveillant.
Le chemin blanc d'albâtre, au flanc des coteaux sombres
Devenait devant eux, la grande allée céleste.
Mais comme ils atteignaient, la borne du sanctuaire
Le prêtre silencieux, fit un signe discret.
Parvenus sous le porche, alors ils s'inclinèrent.
Toutankhamon longtemps, invoqua Neith et Maat
Puis le premier franchit, le pylône trapu.
Le décor familier, soudain se dévoila.
Dans la salle hypostyle, où brûlaient des torchères
L'on eût dit en sa gangue, un monde pétrifié.
Lotiformes piliers, palmiformes colonnes
Paraissaient les hauts fûts, d'une immense forêt.
Les dalles semées d'or, simulaient une arène.
Sur les murs s'éployaient, dattiers, lotus et joncs.
Sur le gréseux plafond, d'argent clair étoilé
Voletaient des vautours, en cornaline et quartz.
Les cartouches d'ivoire, aux flancs de l'obélisque
Fulguraient vivement, sous les rais des claustras
Pareils à des épées, transperçant la toiture.
Vaguement dans le fond, luisaient les bas-reliefs
Sur lesquels Anubis, pesait l'âme des morts.
Dans la salle suivante, alors ils découvrirent
Des pilastres lamés, d'électrum et pyrope.
Les deux barques sacrées, devant leurs pas surgirent.
Le reposoir de lave, où s'encastrait leur quille
D'un marais ténébreux, paraissait l'onde noire.
Les coques en bois clair, de la riche Byblos
Parées soigneusement, de couronnes splendides
Mêlant perseas, joyaux, magnolias et perles
Semblaient avec patience, attendre leur voyage.
Non loin de la cellule, où trônait la statue
Sans prononcer un mot, dignement ils montèrent
L'escalier qui menait, au faîte du sanctuaire.

Un vaste paysage, apparut à leurs yeux.

Aton au loin brillait, de ses feux diminuant
Par-dessus Khebarit, vers les sommets lybiques.
Devant, Thèbes dormait, la Cité de Turquoise.
L'on distinguait à peine, entre les voies grisâtres
Les toits verts et bleutés, de nouettes cérames.
Quelques diffus rayons, filtraient seuls des sanctuaires.
Là-bas près des flambeaux, veillaient encor les prêtres.
Le Nil vers l'horizon, déroulait ses méandres
Comme un grand serpent mort, aux écailles luisantes.
Les treillis des canaux, brasillant aux cieux pâles
Semblaient un clair filet, sur la terreuse plaine.
Vers le fond de la Voie, Louxor apparaissait
Fabuleuse vision, féerique spectacle.
Partout des propylées, des rampes et portiques
Des pylônes trapus, et rangées d'obélisques.
Tels d'argentins miroirs, flamboyaient les viviers
Semés de lieux en lieux, dans les parcs ténébreux.
Les allées dont les sphinx, devenaient des points blancs
Sur le sol chatoyaient, comme constellations.
De Soris à Hokep, là-bas, sur l'autre bord
Les Temples éternels, dressaient leurs colonnades.
La brique mordorée, vivement contrastait
Près du cendreux gabbro, et du neigeux calcaire
Ponctué quelquefois, aux côtés des parvis
Par la tache grenat, d'un colosse en quartzite.
Partout se détachaient, les tombeaux, les sanctuaires.
Devant l'Aménophion, aux monolithes pourpres
Le cénotaphe noir, protégeant Imhotep
Le mausolée trapu, conservant Merenkhmoun.
Dans le bois de cyprès, formant la nécropole
Des pyramidions blancs, pointaient sur les terrasses.
Par dessus, les spéos, étagés dans les grottes
Là-haut près du sommet, le palais d'Hatchepsout
Comme un joyau serti, dans le rocher d'Hathor.
La montagne semblait, un géant tumulus
Mastaba formidable, où dormaient les défunts.

*

Toutankhamon songeur, considérait Karnak.
Triste, il se tourmentait, pensant à son royaume
Sans répit agité, de partout menacé.
Les Nubiens turbulents, se rebellaient au Sud.
Le prince de Kadesh, bafouait tous les traités.
Les rois du Mitani, reprenaient l'avantage.
L'Anatolie rebelle, ébranlait un joug lâche.
Son regard s'arrêta, sur le rempart du temple
«C'est l'Égypte» se dit-il «c'est l'éternel royaume.
Là dominent Beauté, Grandeur, Sérénité.
Hors de ce lieu sacré, le Chaos, l'Anarchie»
Face au monde terrible, immense et menaçant
Le mur ne lui parut, qu'une enceinte fragile.
Partout, de sauvages tribus, d'immondes races
Ne pouvant inspirer, que mépris et dégoût.
Les Hottentos grouillaient, dégingandés, informes
Se tenant sur un pied, comme les échassiers.
Les Peuples de la Mer, se nourrissaient de vase.
L'Assyrien sanguinaire, et l'Hébreu fanatique
Souillaient, tachaient la Terre, ainsi que des scorpions.
Leur existence était, pour les dieux un affront.
Son esprit horrifié, voyait leurs groins de bêtes
Leurs indigentes m œurs, leurs idiomes barbares.
Certains ne connaissant, la chaleur d'un foyer
Dans les arbres vivaient, tels des cynocéphales.
D'autres pareils aux rats, se terraient en des grottes.
Leurs prêtres vénéraient, d'effroyables démons
Se prosternaient sans honte, au pied de leurs totems
Se balafraient les joues, pour s'enlaidir encor
Perçaient leurs mains, leur nez, leur bouche et leurs oreilles.

Toutankhamon anxieux, releva son front pâle.
Thèbe à sa vue s'offrit... puis Louxor au-delà.
Dans la profonde nuit, le temple qui brillait
Lui semblait un flambeau, fragile et vacillant
Sans repère égaré, dans l'Univers énorme.
Son regard s'élevant, s'arrêta sur la Cime.
Brusquement s'éclaira, son visage serein.

Une vallée déserte, en son esprit s'ouvrit.
Puis il vit une dalle, un trou noir dérobé
La sombre galerie, sous le roc s'enfonçant
Jusqu'à la chambre emplie, du mystère éternel.
Sur les parois luisaient, des bas-reliefs, des fresques
La foule échevelée, des pleureuses livides
Les nombreux animaux, des bois et des marais
Caïmans, oryx, addax, autruches et râles
Peuplement hiératique, inerte multitude
Mouvement immobile, immuable impulsion
Troublant de cris muets, le silence infini.
Mais là, veillent partout, les génies tutélaires.
Voici la vache d'or, portant le pschent d'argent
Le guépard d'électrum, aux prunelles d'agate
Le bouquetin de quartz, aux cornes ivoirines.
Le chien noir Anubis, monte la garde au seuil.
Les souverains cobras, au long des frises rampent.
Là, devant le tombeau, que défend Nekabit
Par le double rempart, de ses magiques ailes
Voici le sarcophage, en diorite sévère
L'imposant catafalque, et les masques d'argent
Qui recevront un jour, son cadavre embaumé
D'incorruptible onguent, par les soins vigilants
Du savant paraschite, aidant le coachyte.
Puis il vit se mêler, son âme avec son kâ
Par la mort délivrée, de sa gangue terrestre.
Maintenant il combat, Seth et les déités
Sous le toit de la Terre, où toujours la nuit règne.
Mais il vainc les démons, les mate et les terrasse.
Devant lui, prodige... la Douat s'ouvre - Le Ciel paraît.
«Dieu céleste, Amon, Amon, prends mon corps, mon âme
Prends mes bras, prends mon c œur, mon bassin, mes épaules.
Mes cheveux sont Horus, ma poitrine Selkit
Noun sont mes doigts, Touëris mon sein, Thôt mes lèvres
Je suis Rê, je suis Rê, je suis Rê, je suis Rê»

Dans son exaltation, Toutankhamon frémit.
Sur le bord du pylône, il dut s'appesantir.
Son regard tout d'un coup, redevint sombre et morne
Car là-bas sur la droite, il avait aperçu
Le sanctuaire éventré, d'Aménophis le sage.
L'argent avait souillé, les mains des architectes
L'orgueil avait trahi, la volonté des princes.
L'horreur des violations, revint à sa mémoire
Les tombes profanées, démantelées, pillées
La profonde hypogée, de Thoutmosis premier
Dévastée, dépouillée, par les voleurs iniques
Les stèles martelées, au temple d'Hatchepsout
Les portes enfoncées, les sceaux tirés, fondus
Les fétiches brisés, les cercueils retournés
La momie nue gisant, blême sur le sol froid.
Pour lui-même éviter, de subir l'infamie
Le pharaon soudain, pressa contre son c œur
Le scarabée divin, d'opale et stéatite
Sur chaque face orné, de Nephtys et d'Isis
Qu'autour de son corset, il conservait toujours.
Son esprit demeurait, dans un grand désarroi.
Tout se mêlait en lui, pays, peuples et dieux
La résurrection, la survie, l'éternité.
La dureté du roc, lui semblait incertaine.
Ce temple merveilleux, dans mille ans, cinq mille ans
Ne sera devenu, qu'un vestige oublié.
L'édifice imposant, n'était dans son esprit
Que tambours disloqués, blocs dispersés, pierrier.
Ruine était le Taharque, et ses puissants linteaux
Ruine aussi l'Akh-Menou, pleurant ses talatates
Gravats l'Aménophium, débris Thèbe aux cent portes.
Quand tout sera détruit, seul, un homme viendra
Qui dira, désignant , le sol informe et nu
«Là fut jadis un temple, et fut une cité»

*

Pendant que Pharaon, méditait silencieux
Le prêtre à ses côtés, scrutait le firmament.
Dans son étole stricte, il se tenait dressé
Tel, d'un bloc s'élevant, un pilastre osiriaque.
Patient, il attendait, que le dieu lui dictât
Le message divin, que sa bouche dirait.

Il venait de Menphis, la ville du Mur-Blanc.
Sa vie surnaturelle, était comme un prodige.
Le soir il s'allongeait, au pied d'un sycomore
Ne buvait que zython, et jus de mandragore
Qui donnait à sa face, un teint cadavérique.
Certains disaient de lui, qu'il savait le Secret
De l'Être universel, de la Vie, de l'Esprit.
L'on voyait, effrayé, sa tragique silhouette
Pendant la nuit hanter, la haute nécropole
Comme un spectre vivant, qui réveille les morts.
Jeune, il avait grandi, parmi les sacrifices
Les purifications, les sanctifications.
Des maîtres inconnus, qui ne parlaient jamais
Sur la rive du Fleuve, un jour l'avaient trouvé.
Sous leur férule austère, il apprit l'écriture
Déclama, puis copia, l' œuvre de Sosestris
Puis dut parcourir, les nomes innombrables
Des marais vers Kebeh, jusqu'aux bouches du Nil.
Pour mieux encor percer, les éternels mystères
Dans un noir cénotaphe, il s'enferma deux ans
Méditant jour et nuit, couchant près des momies
Gravant sur les parois, des signes mortuaires.
Son esprit démoniaque, avait tout médité
Critiqué tout précepte, observé tout principe.
Toujours il étudiait, théogonies et gnoses
Dogmes et théories, théologies, morales.
Vaguement il rêvait, d'un système global
Par sa forme unissant, l'atome et le soleil
Dans le cercle infini, de l'Être multiforme
Qui rejoint, réunit, l'Homme et les animaux
Tous pétris, composés, des mêmes éléments.
Par le Nombre divin, base de l'Univers
S'échangeaient, s'opposaient, l'Énergie, la Matière
Dans le souffle vital, des vibrations divines.

Son œil hypnotisé, fixait la voûte sombre.
Dans cette mer sans bord, fuyaient les nébuleuses
Blanche écume du ciel, jaillie des flots nocturnes.
Millions d'îles voguant, s'éloignaient les étoiles
Sans retour emportées, sur les célestes orbes.
L'Existence est Moyen, les dieux sont le Principe
Le Secret des Secrets, se trouvait dans l'Espace.
Le prêtre chaque nuit, sondait le dôme obscur
Sans résoudre jamais, l'Énigme originelle.
Son esprit torturé, ne trouvait le repos
Tant l'idée l'habitait, le hantait, l'obsédait.

*

Cependant le sanctuaire, autour d'eux s'animait
Car c'était le moment, du service nocturne.
Quelques bruits étouffés, venaient de la pénombre
Le pas lourd d'un pontife, allant à la prière
Le tintement léger, d'un prêtre aux ablutions
Qui versait du natron, dans un pot d'eau lustrale.
Puis un tiède soupir, agita les hennés.
Les vapeurs descendaient, aux frontons mordorés.
Là-bas, près d'un pylône, au temple de Khonsou
Le ch œur du Khénérit, alors se rassembla
Vierges au teint de cire, aux longs cheveux d'ébène
Pour entonner un hymne, et remercier les dieux.
«Prince de l'Amenti, fils de Maat, œil de Rê
Vous tous, neters glorieux, de l'ombre et de l'azur
Khépri, Sokaris, Neith, Horus-de-l'Horizon... »
Leurs gracieux corps vêtus, d'aériennes simarres
Contrastaient vivement, sur le seuil du sanctuaire.
L'une en ses bras serrait, une mandore en saule
Près d'une autre inclinant, une harpe en noyer.
L'on eût dit que sa main, s'agitait dans les cordes
Pareille au papillon, pris dans une arantelle.
Se mêlant aux accords, leurs merveilleuses voix
Résonnaient en échos, sur les piliers géants.
Le prêtre et Pharaon, se pénétraient du chant.
La Reine cependant, ne tournait pas la tête
Considérant toujours, le bois sacré de Mout.
Son regard affligé, ne pouvait s'en distraire.

Une robe en satin, jusqu'aux pieds l'habillait
Ne laissant dépasser, que ses tatbets en jonc.
Les palmettes d'or vif, et les sequins d'argent
Sur l'étoffe bleutée, semblaient un firmament.
Sa résille perlée, retenait ses cheveux.
Son cou fin, délicat, aux carnations d'opale
Sortait d'un gorgerin, de verre et céramique.
Sur le châle de soie, couvrant son corselet
Brillait un collier vert, en alliage d'Ému.
Son oreille s'ornait, d'une boucle à pampilles
Son bras clair scintillait, d'une armille ivoirine.

À travers un clayon, de papyrus nattés
Sans répit elle épiait... des formes élégantes
Qui silencieusement, dans la cour se mouvaient.
Leurs griffes recourbées, fulguraient dans la nuit.
Leurs yeux vifs scintillaient, tels des jais et des jades.
Les chats noirs de Bastet, veillaient près de leur temple.
Devant eux, Icherou, le croissant du bassin
Rutilante faucille, irradiait sa lumière.
Sur le bord d'une dalle, une jarre en albâtre
Se trouvait placée là, pour étancher leur soif.
Lorsqu'ils désiraient boire, une esclave éthiopienne
Versait leur blanc nectar, en un vase émaillé.
Toujours ils demeuraient, sereins et pacifiques.
Toujours ils redoutaient, le bruit, l'agitation
Car ils aiment douceur, calme et tranquillité.
Depuis l'aube des temps, ils n'avaient rencontré
Que de cruels humains, haïssant leur espèce.
Mais dans ce lieu béni, voilà qu'ils étaient dieux.
Symboles de Sekhmet, ils ont Force et Beauté.
Jamais ils ne défient, jamais ils ne se battent
Comme le font, hideux, en leurs cages de fer
Les boas de Sebek, et les babouins de Thôt.
Certains restaient parfois, si longtemps immobiles
Près des statues sculptées, imitant leur image
Qu'aux rayons séléniens, on ne distinguait pas
Les silhouettes de pierre, et les formes de chair.

La Reine les fixait, mélancolique et triste
Car jeune enfant jadis, elle était leur amie
Quand on l'avait menée, pour l'instruire à leur culte.
Dès lors tous regrettaient, sa présence amicale.
Toujours à leur égard, elle était prévenante.
Mais depuis le printemps, ils ne l'avaient revue.
C'est ainsi qu'ils restaient, le c œur plein d'amertume.
Lentement se creusaient, leur poitrine et leur ventre.
Ce jour ils ne savaient, que non loin se tenait
Les épiant dans la nuit, leur maîtresse adorée.
Le désir de les voir, la rongeait violemment.
Plus rien dorénavant, ne pouvait les relier
Car souillée par l'Hymen, et par l'enfantement
L'on n'aurait pas admis, sa présence auprès d'eux.
C'est alors qu'un sanglot, mouilla ses joues bleuies.
«Pourraient-ils conserver, réconfort, protection?
Que vivront-ils demain? Quel sera leur destin?»
D'elle vers eux passait, un céleste rayon
Comme un signe mystique, un amour indicible.

*

«Karnak, fanal du Monde» pensait le pharaon.
«Karnak, fétu de l'Être» murmurait le pontife...
Cependant que la Reine, essayait d'oublier.

Autour d'eux, Thèbe et Louxor, Menphis et l'Égypte
Le Monde multiforme, avec ses mers, ses terres.
Bien qu'ils fussent muets, leurs pensées tournoyaient
Leurs interrogations, traversaient les ténèbres.
Cent questions sans réponse, en eux s'entrecroisaient.
Leur frêle entendement, pliait devant l'Énigme.
L'énorme Création, tourmentait leur conscience.
«Qu'est la Vie, qu'est la Mort? Que sont les dieux, l'Essence?»
«Que sommes-nous rampant, sur notre limon noir
Pour les héliantes purs, dispersés dans l'éther?»
«Que sont Amour, Beauté? Que sont douleur, souffrance?»

Le chant s'affaiblissait. Les torches s'éteignaient.
Le silence profond, tombait sur le sanctuaire.
Le Grand Livre s'ouvrait, au-dessus de leur tête
L'hiératique message, inscrivant chaque nuit
Sur la page infinie, ses lumineux symboles
Monogrammes tronqués, élidés, embrouillés.

Lors, d'un geste impérieux, le pontife inspiré
Dans son âme entendant, les paroles divines
Leva son bras cireux, vers le firmament sombre
Tel un caveau sans fond, sur le Monde fermé.
Puis il dit épelant, chaque signe étoilé
«Matière, Espace, Univers, Mystère éternel»

La Saga de l'Univers - Claude Fernandez - Éditions Sol'Air - © Éditions Sol'Air - 2007