LE JOUR VIRIL

Poème épique de Claude Fernandez évoquant la cérémonie du Jour Viril dans la Rome antique par laquelle un jeune homme devient un citoyen.


C'est le Jour de ma vie, le grand Jour, le beau Jour.
Me voici maintenant, métamorphosé, libre
Comme le papillon, rompant sa chrysalide.

Je quitte la prétexte, et prends ma toge blanche.
Finis les beaux discours, du pédagogue austère
Les pensums fastidieux, la férule du Maître.
Je ne déclamerai, ni Sulla ni Pompée.
Tenez mes cadets, voici mes noix, mon sabot
Le bâton qui me fut, coursier pendant quinze ans
Voici tous mes stylets, et mes lettres d'ivoire.
Sois propice ô Bacchus, à ma nouvelle vie.
Je t'amène ma grappe, et mon gâteau de miel.
Toi, Mâne protecteur, qui veilles au foyer
Reçois ma bulle d'or, à ton cou débonnaire.
Je peux, fier, parader, au quartier de Subure.
Les Destins bienveillants, accompagnent mes pas.
Rome est belle en ce jour, des fastes Libériales
Toute parée de lierre, et de pampre fleuri.
Gagnons le Palatin, montons au Capitole
Pour montrer ma gaieté, d'être enfin citoyen.

C'est le Jour de ma vie, le grand Jour, le beau Jour.
Me voici maintenant, transformé, libéré
Pareil à l'étourneau, s'envolant vers l'azur.

La Saga de l'Univers - Claude Fernandez - Éditions Sol'Air - © Éditions Sol'Air - 2007