HALLGERD

Poème épique de Claude Fernandez évoquant une légende nordique de l'époque des Vikings: Hallgerd qui se venge de son époux Gunnar.


Gunnar point n'est aimé, dans le fief de Birka.
Gunnar point n'est loué, par le prêtre et le pâtre
Mais Gunnar est puissant, Gunnar manie son arc
Mieux que Thor son marteau, pour abattre ses pairs.
Gunnar est menacé, par Gizur le féal.
Gizur a pénétré, le manoir de Gunnar.
Gizur a pourfendu, Sam, le chien de Gunnar
Mais Gunnar de son arc, fait reculer Gizur.
Malheur pour le héros, la corde s'est cassée.
Que deviendra Gunnar, sans le secours des flèches?
Gunnar, le héros fort, hèle sa faible épouse.
«Las, voici que la corde, à mon arc s'est rompue
Tant j'ai dû la bander, contre mes ennemis.
Comment la remplacer, par un meilleur filin?
Pour toi, rien n'est plus simple, ô, Hallgerd bien aimée
Que de trancher ta natte, en opulente mèche.
Tes mains la tresseront, pour la solidifier.
Nous serons tous les deux, épargnés grâce à toi»
Mais Hallgerd courroucée, par ces mots lui répond
«Tu me parlais hier, avec moins de respect.
Ta déplaisante humeur, sans répit m'agressait.
Je porte encor ici, rougissant mon visage
Le stigmate laissé, par ta méchante main.
Dans ce manoir maudit, que je ne puis quitter
Rien ne distrait ma vie, sinon la fusoriale.
Je ne reverrai pas, le fjord où je naquis
Depuis que tu me pris, au giron maternel.
J'envie le renne libre, au fond de la toundra
Qui brâme dans le vent, secouant son merrain.
Gunnar, lâche héros, sache que je préfère
Le trépas comme toi, que la vie près de toi.

C'est ainsi que Gunnar, fut occis par Gizur.

La Saga de l'Univers - Claude Fernandez - Éditions Sol'Air - © Éditions Sol'Air - 2007