DÉMOCRITE

Poème épique de Claude Ferrandeix évoquant la réflexion du philosophe grec Démocrite devant le spectacle de la Nature: la théorie des atomes.


Dans la campagne loin' de la foule athénienne
Cheminaient Démocrite' et son disciple Hermippe.

«Regarde ces prairies' si fleuries' si plaisantes»
Disait le jeune éphèbe' au maître silencieux.
«Contemple cet ormeau' si profond' si touffu
Ce tremble si léger' ce platane si large
Cet olivier trapu' cet amandier gracile.
Dans l’aubépine en fleur' écoute bien là-bas
Le joyeux pépiement' du bouvreuil amoureux.
L’on dit qu’un lointain jour' Mnasis la sauvageonne
Refusa les faveurs' du fougueux Illisos.
Le dieu-fleuve trouva' comme unique moyen
Pour qu’à lui désormais' pût son flot se mêler
De changer en un ru' la dédaigneuse nymphe.
N’est-on pas bien ici' dans cette herbe si douce
La narine flattée' par l’odorant smilax?
Dans cette eau ne vois-tu' nager l’Achéloïde
Qu’épie le noir silène' accroupi sous la roche?
C’est le rustique Pan' qui t’assaille en bienfaits.
Sens la fraîcheur de l’eau' sens la chaleur du sable»

Démocrite songeur' demeurait impassible
Car au lieu des prairies' des moineaux gazouillant
Du flamboyant soleil' des sources jaillissant
Dans son esprit fécond' où naissait le Diascome
De la Nature entière' il ne voyait déjà
Dispersés' rassemblés' qu’un vaste essaim d’atomes.

La Saga de l'Univers - Claude Fernandez - Éditions Sol'Air - © Éditions Sol'Air - 2007