LE SÉNAT CONTRE LA MÉMOIRE DE COMMODE

(Senatus-consultes)

Poème épique de Claude Fernandez évoquant le réquisitoire du Sénat contre la mémoire de l'empereur Commode, d'après un authentique senatus-consultes.


Que l'on prive d'honneur, l'ennemi du Sénat.
Que l'on prive d'honneur, le bourreau du Sénat.
Que soit déchiqueté, l'ennemi du Sénat.
Que soit déchiqueté, l'ennemi de César
L'ennemi du Sénat, le bourreau du Sénat
L'ennemi du Sénat, le bourreau du Sénat.
Le traître au spoliarium, le vil au spoliarium.
Que le meurtrier soit, par les faisceaux fouetté.
Que le meurtrier soit, avec le croc percé
Que soit déchiqueté, l'assassin, le cruel.
Qu'on traîne avec le croc, le bourreau du Sénat.
Toi César, il voulait, te supprimer, t'occire
Toi César, il voulait, t'éliminer, t'occire
Toi César, honneur, grandeur, toi, rempart de Rome.
Jupiter et Junon, conservez Pertinax.
Minerve et toi Vénus, conservez Pertinax.
Gloire, honneur aux légions, aux gardes prétoriens.
Gloire aux légions, honneur, aux gardes prétoriens.
Qu'on traîne le cruel, nous demandons, Auguste
Qu'on traîne le bourreau. César, exauce-nous.
Gloire, honneur aux légions, et gloire aux Chevaliers.
Gloire aux légions, honneur, aux gardes prétoriens.
Qu'on abatte partout, les statues du cruel.
Qu'on abatte partout, les effigies du traître.
Qu'on brise les statues, du bourreau, du tyran.
Sus à notre ennemi, l'ennemi du Sénat.
Sus au gladiateur, au meurtrier. Qu'on renverse
La statue du tyran, l'effigie du cruel.
Qu'on brise les statues, du bourreau, du tyran.
Que soit pour le futur, abolie sa mémoire.
Que pour le futur soit, déshonoré son nom.
Le traître au spoliarium, le vil au spoliarium.
Le traître au spoliarium, le vil au spoliarium.
Qu'on traîne par le croc, le bourreau, le tyran
Plus vil que Domitien, plus cruel que Néron.
Qu'il soit traîné comme eux, car il s'est dépravé.
Qu'on traîne par le croc, le corps du gladiateur.
Qu'on jette au spoliarium, le corps du gladiateur.
Qu'il soit jugé, traîné, car il souilla les tombes.
Qu'il soit jugé, traîné, car il souilla les morts.
Qu'il soit jugé, traîné, car il souilla l'Enfant.
Qu'il soit jugé, traîné, car il souilla la Femme.
Qu'il soit jugé, traîné, car il souilla les hommes.
Sus au tyran, sus au meurtrier, sus au traître.
Sus au vil renégat, sus au traître bourreau.
Sus à l'odieux tyran, sus à l'odieux barbare.
L'ennemi du Sénat, le renégat de Rome.
L'ennemi du Sénat, le renégat de Rome.
Nous demandons son corps, oui, nous le demandons.
Tu comprends nos malheurs, toi César tout-puissant.
Tu comprends nos douleurs, toi César tout-puissant.
Tu comprends nos malheurs, tu comprends nos douleurs.
Fais-le juger. Prends les avis, prends-les, prends-les.
Fais-le juger. Prends les avis, prends-les, prends-les.
Qu'il soit traîné, qu'il soit traîné, qu'il soit traîné.
Qu'il soit traîné, qu'il soit traîné, qu'il soit traîné.

La Saga de l'Univers - Claude Fernandez - Éditions Sol'Air - © Éditions Sol'Air - 2007