SAARJIE BAARTMAN

Poème épique de Claude Fernandez évoquant le martyre de la femme noire hottentote Saartjie Baartman exposée dans un parc d'attraction à Londres.


Dans la ménagerie, d'un grand parc d'attraction
L'indigène amenée, de la brousse africaine
Saartjie Baartman, la Noire, à la macronymphie
Se trouvait exhibée, comme une bête au cirque.
La foule rassemblée, des Londoniens curieux
Contemplait sans pudeur, cette curiosité
Fixant avec dégoût, son postérieur saillant.
La malheureuse femme, enfermée dans sa cage
Baissait le front de honte, et souffrait en silence.
N'eût-elle pu répondre, à ces voyeurs ignobles
Qui la considéraient, arrogants, supérieurs?

«Ô Blancs, vous me nommez, la Vénus hottentote.
Ma stéatopygie, vous paraît monstrueuse.
Je n'ai pas la Beauté, j'ai la fécondité.
Gargarisez-vous bien, de mon humiliation
Tant que vous détenez, le pouvoir et l'argent
Tant que vous dominez, sur l'Afrique soumise.
Vous serez les auteurs, de votre génocide.
Mes fils remplaceront, vos fils dégénérés.
Ma vulve hypertrophiée, qui vous fascine tant
Partout engendrera, les enfants de ma race.
L'européenne ethnie, bientôt disparaîtra.

Demain le monde entier, sera peuplé de nègres»

La Saga de l'Univers - Claude Fernandez - Éditions Sol'Air - © Éditions Sol'Air - 2007